Über Kama Sywor Kamanda – Leben und literarische Mission

Biographie

La vie derrière les œuvres

Kama Sywor KAMANDA

Kamanda est écrivain, conteur, poète, essayiste, nouvelliste, philosophe, dramaturge et conférencier congolais contemporain, de langue française. Il est également un intellectuel engagé qui contribue à l’évolution des idées et à l’histoire de l’Afrique.


 Naissance et éducation 

Kama Sywor Kamana est né le 11 novembre 1952 à Luebo, dans la province du Kasaï occidental, au Congo-Kinshasa (RDC). Il est le fils de Kamenga Malaba Isaac, un colon d’origine égyptienne et de Ngalula Kony Beneck. Il a huit frères et sœurs. Il naît en une période où le Congo connaît des troubles d’instabilité politique. Il grandit au sein du domaine familial connu pour ses plantations de café, l’hévéra et du coton. Son éducation est prise en charge par des précepteurs particuliers et par son aïeule âgée de 105ans qui l’initie aux rites sacrificiels de l’Egypte ancienne et aux croyances mystiques ancestrales. Absorbé par son apprentissage et par la vie du domaine, Kamanda a été un enfant et un étudiant solitaire.
 

Entrée au collège et début de l’écriture

L’année 1959 connaît une intensification de la lutte d’indépendance dans tout le pays. Le père du poète soutient financièrement Lumumba et les autres partisans de l’indépendance du Sud-Kasaï. En 1960 est proclamée l’Indépendance du Congo ; c’est le début de la guerre civile donnant lieu à une grave crise politique suite à laquelle survient l’assassinat de Patrice Lumumba. La famille de l’écrivain se réfugie et s’installe définitivement à Kinshasa où le jeune Kamanda entre au collège Saint-Gabriel. Là, il écrit les premiers récits de « Contes des veillées africaines ». Dès son plus jeune âge, il s’intéresse à l’histoire de l’Afrique, aux épopées, aux légendes, aux cultures et traditions locales. À l’école, il s’imprègne des littératures étrangères et c’est professeur de français qui lui a donné la fascination de l’écriture et le désir d’être écrivain.


Etudes, travail et exil

Lecteur assidu, il s’était très vite familiarisé avec les grands classiques de la littérature mondiale. Après les humanités littéraires, il diversifie ses études à Kinshasa : journalisme, sciences politiques et philosophie. Il écrit ses premiers poèmes en français et fréquente les milieux littéraires. Kamanda n’avait aucun goût pour les affaires d’argent ni de talent de négociant pour reprendre le commerce familial. Quand le père du poète tomba malade, toutes les plantations du Kasaï se trouvèrent abandonnées. Et la crise économique survenue après l’indépendance du Congo acheva d’appauvrir la famille. Kamanda se trouva dans l’obligation de s’en sortir par lui-même. Il fait paraître des articles dans les revues et dans le quotidien « Elima ». En 1970, il participe à la création de l’Union des écrivains congolais. Farouche opposant au régime totalitaire, dont il supporte très mal la violence, la prédation économique et l’incompétence de l’élite politique, il quitte précipitamment son pays natal en 1977 pour s’exiler à Madrid. L’autoritarisme et la persécution du pouvoir dictatorial avaient fini d’avoir raison du poète engagé et du résistant contestataire. C’est aussi le moment décisif où il décide de changer de vie et de projet. Il part pour Bruxelles quelques mois plus tard et ensuite pour l’Université de Liège, séduit par les études de droit. Toutefois, il n’a jamais cessé d’écrire et, étant donné son succès, il décide de se consacrer à l’écriture. En 1985, Kamanda est le président fondateur de l’Association africaine des écrivains, avec L. S. Senghor comme le président d’honneur. En tant que poète, conteur et romancier, Kamanda produisit par la suite un ensemble considérable d’œuvres littéraires. Vivant dans un exil perpétuel, cet écrivain universel a acquis une notoriété mondiale qui le fait voyager constamment pour des conférences, des lectures de poésie et des festivals, sur tous les continents. Il finit par être considéré comme écrivain classique, mondialement reconnu et enseigné dans de nombreuses écoles, notamment en France et au Japon. Il a quitté la Belgique pour s’installer au Luxembourg, où il a vécu pendant une vingtaine d’années, avant de revenir en Belgique.

 

Le double engagement

Chantre de la mémoire africaine : un engagement d’abord politique

Kamanda a joué un rôle important dans la prise de conscience de l’autonomie financière des peuples Africains comme solution au racisme et à la pauvreté. Il a contribué à l’émancipation de l’élite et à la lutte pour la démocratie en Afrique depuis les années 1970. Il a largement contribué à la dénonciation des régimes totalitaires et à la résistance contre la prédation économique, la mauvaise gouvernance, la violence d’État et autres fléaux dont les peuples d’Afrique sont encore victimes. Écrivain engagé et leader d’opinion, il est à la fois visionnaire, défenseur des droits humains, théoricien de la nouvelle pensée africaine et philosophe. Bien qu’avant-gardiste, il reste un franc-tireur quant à ses choix idéologiques et préserve son indépendance à l’égard de tous les courants dominants. Il est méfiant vis-à-vis de la mode. Adversaire convaincu des mensonges de l’Histoire et de l’infantilisation des peuples autochtones par le système néo-colonial, il exprime des souhaits d’une société humaine juste et équitable, résolument basée sur l’amour et le savoir en partage. Il dit à sa façon les maux de l’Afrique contemporaine, se révélant un grand observateur des réalités sociales et politiques. Exploitant les acquis de la mémoire historique, il narre à merveille le présent, mais aussi le passé méconnu du continent africain. Kamanda connaît, comprend et exprime avec autant de conviction, de certitude et de passion la vie des femmes et des hommes du continent, mais aussi celle des reines, des rois et des légendes propres aux populations africaines. Il a fortement influencé et encouragé de nombreuses générations à s’impliquer dans les débats d’idées, les incitant à développer une réflexion sur l’engagement citoyen à l’époque des indépendances tronquées. Grâce à ses innombrables prises de position, il a su permettre aux jeunes africains de s’affranchir de la peur de la violence d’État et de libérer la parole publique. Kamanda aspire au changement politique. Il rêve de plus de démocratie, de plus d’autonomie financière, de meilleure gouvernance dans toute l’Afrique, et particulièrement en République Démocratique du Congo. Il se consacre exclusivement à la carrière littéraire depuis 1981. Il est aujourd’hui en plus d’écrivain, un conférencier invité dans de nombreuses universités dans le monde et auteur de critiques culturelles et politiques.

 

Carrière littéraire

Selon les critiques littéraires, Kamanda doit beaucoup de sa renommée mondiale en tant qu’écrivain à ses « Contes de Kamanda », comme ils devraient être appelés pour leur puissance évocatrice et leur qualité littéraire, qui classent cet écrivain africain parmi les plus grands auteurs classiques tels que Andersen, Grimm, Perrault et Maupassant. Tour à tour dramaturge, conteur, poète et romancier, Kamanda a produit une œuvre littéraire considérable et mondialement reconnue. Depuis la parution, en 1967, de son premier ouvrage, Les Contes des veillées africaines, il a écrit douze œuvres politiques totalisant un millier de poèmes, une vingtaine de pièces de théâtre, quatre essais et divers recueils réunissant des centaines de contes. Sa production littéraire inclut aussi quatre romans et six recueils de nouvelles. Kamanda a su allier dans la rédaction de ses contes, souvenirs personnels, traditions du continent africain et imagination. Il ne s’agit pas d’une collecte de récits, mais d’une œuvre littéraire à part entière. Récits féeriques, ses contes sont imprégnés de la culture et de la civilisation de toutes les terres africaines. Son génie littéraire est universellement reconnu de son vivant. Kamanda est considéré comme un des plus grands écrivains contemporains.

Traduit en plusieurs langues, il est un des autres africains les plus étudiés du monde.

Poète, Kamanda a su redonner un souffle nouveau et de la grandeur à la poésie contemporaine, grâce à la richesse de son langage et à sa maîtrise de la métaphore. La critique des poètes parmi les plus grands de son temps, dont Mario Luzi et Léopold Sédar Senghor, a souligné la puissance de ses vers et la richesse de son imaginaire. « Le cri poétique de Kamanda nous touche et nous bouleverse d’autant plus qu’il est justement poétique. Souffrance du déracinement et des dualismes, quête de l’amour et de l’espérance. Poèmes élégiaques où la plainte prend la parole comme source féconde, pour dire la terre sèche, l’indifférence de l’autre, la voie sans issue ». Le combat que mène le poète est si fondamental, le choix de ses mots si évident qu’ils le rangent parmi les plus grands chantres de la misère et de la compassion. Violent comme Hugo, usant de litanies comme Péguy, lyrique comme Eluard. Son œuvre prend tous les accents de l’universelle clameur qui, du début jusqu’à la fin des temps, ne cesse de parler à l’oreille attentive. Kamanda a reçu de nombreux prix, notamment, en 2009, le Prix Heredia de l’Académie française pour son Ouvre poétique : édition intégrale.

Romancier, Kamanda n’a cessé de porter en lui son Afrique et ses rêves. Ses écrits révèlent un véritable résistant face aux pouvoirs totalitaires, mais aussi un complice des hommes et des femmes qui luttent en silence pour le respect de leurs droits ou leur survie et celle de leurs enfants. Écrivain engagé, il s’est toujours considéré comme une « âme perdue entre les rêves et les illusions, les joies et les peines du monde africain ». Ses romans dépeignent la vie des peuples africains à l’époque des dictateurs sous influence des sectes racistes et néo colonialistes, et des conséquences sociales et économiques des populations noires dépourvues de tout pouvoir financier pour influer sur leur propre destin. Il met en lumière les contradictions des noirs de tous les continents qui d’une part, servent exclusivement les intérêts de leurs bourreaux contre ceux de leur propre communauté qui luttent pour leurs droits et résistent face à la prédation et, d’autre part, sont également victimes des enjeux idéologiques et religieux à vocation raciste qui les dépassent.

Dramaturge, Kamanda surprend par l’originalité de ses thématiques théâtrales et par son érudition. Sa connaissance de l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui est incontestable. Il partage avec ses lecteurs une grande part de la mémoire africaine dont il se veut le porte-parole, sinon le garant. Dans son théâtre, c’est le passé mais aussi le présent de l’Afrique qui l’inspire. L’Égypte ancienne trouve à travers lui une nouvelle existence littéraire. Les Pharaons et les Reines de l’Égypte ancienne trouvent enfin une véritable vie littéraire et un auteur qui leur rend un hommage longtemps attendu et mille fois espéré. C’est une reconnaissance littéraire des grands souverains Africains, à laquelle ils avaient droit, mais que personne jusqu’ici n’avait songé à légitimer. Ramsès II, Candace 1ère, Toutankhamon sont des pièces de théâtre de Kama Sywor Kamanda qui témoignent des apports de l’Afrique à la civilisation universelle. Kamanda ne s’enferme pas dans son Afrique natale ; il voyage dans le monde et nous emporte avec lui par son imaginaire, sa poésie et son amour des peuples et des cultures du monde. Ainsi dans : On peut s’aimer sans se comprendre, c’est le Japon dans toutes ses traditions qu’il nous invite à découvrir.

 

Prix et distinctions

  • 1987 — Prix Paul Verlaine, Académie française
  • 1990 — Prix Louise Labé
  • 1991 — Grand Prix littéraire de l’Afrique noire
  • 1992 — Mention spéciale du prix de poésie de l’Institut académique de Paris
  • 1993 — Jasmin d’argent pour originalité poétique
  • 1994 — Prix Théophile Gautier, Académie française
  • 1999 — Melina Mercouri Award
  • 2000 — Poet of the Millennium
  • 2000 — Citoyen d’honneur de Joal-Fadiouth, Sénégal
  • 2002 — Grand Prix de poésie, Société internationale des écrivains grecs
  • 2005 — Top 100 Writers in 2005
  • 2005 — International Professional of the Year
  • 2005 — Man of the Year
  • 2005 — Maurice Cagnon Honor Certificate
  • 2005 — Guest Writer of Honour, Expo 2005 Japon
  • 2006 — Master Diploma for Specialty Honors in Writing
  • 2006 — International Peace Prize
  • 2009 — Prix Heredia, Académie française
  • Citoyen d’honneur
  • Doctor honoris causa

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